Débat autour du Manuel de survie à destination des femmes en politique

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes
Et de la parution du manuel de survie destination des femmes en politique
Venez débattre avec Marie Pierre de la Gontrie, Sandrine Rousseau et des élues d’ile de France

Le samedi 7 mars à 15h
À la Librairie des Orgues
108 avenue de Flandre Paris 19ème
Métro Crimée

Toutes les femmes engagées en politique ont vécu ces situations parfois amusantes, souvent un peu désobligeantes. Cantonnées à des rôles d’animatrices dans les débats (elles font ça tellement bien), assignées à être de formidables « numéro 2 » (elles sont si sérieuses et loyales), mais oubliées des tribunes et des responsabilités de premier plan, elles essaient de se frayer un chemin dans les partis politiques et dans la vie publique grâce à la voie ouverte notamment par les lois sur la parité.

Le « Manuel de survie à l’usage des femmes en politique » de Sandrine Rousseau, économiste, Porte parole d’EELV, Vice-Présidente de la Région Nord-Pas-de-Calais, nourri d’anecdotes rapportées par chacune d’entre nous, élues PS, EELV et Front de Gauche, se veut un guide humoristique, comme un vaccin contre le sexisme, pour celles qui tentent l’aventure d être une femme en politique.

 Manuel de survie des femmes en politique

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Bien manger en Île-de-France: producteurs et consommateurs, même combat

Tribune parue sur le site du Huffington Post le 27 février 2015

Comme chaque année, les Franciliennes et les Franciliens se pressent au Salon de l’agriculture pour découvrir vaches, veaux et cochons, et acheter des produits du terroir. Une occasion de redécouvrir que leur terroir existe aussi! C’est celui de l’Île-de-France, terre à blé, à cidre, à brie, à légumes, à champignons pas seulement de Paris…

En Île-de-France, peut-être plus qu’ailleurs, l’agriculture est une richesse pour tous mais aussi un combat pour les 5 000 exploitants franciliens. Depuis 1998, la région a fait de l’agriculture un enjeu essentiel de ses politiques: pour préserver les terres de l’urbanisation grâce au Schéma directeur de la région (le SDRIF, qui a permis de conserver des terres agricoles sur la moitié du territoire régional), résister à la course au gigantisme pour garder des exploitations à taille humaine, aider les jeunes à s’installer et à investir malgré la spéculation immobilière, coexister avec les nouveaux habitants pour partager clôtures et chemins… Et aussi faire évoluer les pratiques pour préserver l’eau et les sols, notre bien commun. En 2014, la région a encore intensifié son action pour une agriculture de proximité, en faveur de la souveraineté alimentaire des Franciliens, de l’emploi agricole, du développement économique et de la transition écologique de la filière, et a fait un pas supplémentaire en assumant la gestion du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader).

L’agriculture francilienne a une chance unique: sa proximité immédiate avec 12 millions de consommateurs, qui recherchent de plus en plus des produits frais, de qualité, diversifiés, livrés près de chez eux. C’est le pari du local, celui du Conseil régional et du Cervia (Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire), avec sa démarche « Mangeons local en Île-de-France » et la création du label « Saveurs d’Île-de-France ».

C’est ainsi que de plus en plus de céréaliculteurs ont été aidés par la région dans leur démarche de diversification: à côté du blé et du maïs, ils produisent aussi des fruits, du cidre, des biscuits au miel et des volailles, brassent et vendent de la bière (celle du Vexin a obtenu le premier prix dans sa catégorie). A l’image de la ferme de Viltain, ils fabriquent et vendent des yaourts, livrent des paniers garnis de légumes, fruits et conserves en circuit court dans les gares SNCF, où les Franciliens peuvent récupérer le soir leurs commandes.

Il est temps à présent d’amplifier ces politiques, de relayer ces projets en les accompagnant par une vraie structure régionale de vente, de promotion, de transport, qui prolonge les efforts du Cervia et amène les produits régionaux jusqu’à l’assiette des Franciliens. En mutualisant les moyens, en aidant à la création d’entreprises de transformation en Île-de-France, on peut réduire les frais et faciliter l’accès de tout à tous. L’objectif est de permettre à tous les Franciliens de disposer de bons produits accessibles partout, et à des prix adaptés à nos porte-monnaies. Il faut démocratiser la qualité alimentaire!

Il faut aussi impliquer les pouvoirs publics locaux: pour nos cantines, plutôt que des produits bio mais transportés à travers l’Europe, acheter des produits frais locaux, en utilisant la « clause CO2 » dans les marchés publics, pour choisir entre deux produits de même qualité, ceux qui ont demandé le moins d’émissions de gaz pour les transporter.

L’agriculture francilienne a de sérieux atouts, nous devons nous appuyer sur ses points forts: nous avons la plus importante production de blé tendre de France, pourquoi ne pas développer une vraie filière francilienne du pain, entre exploitations, meuniers et boulangeries? Le réseau de boulangeries franciliennes est unique. Déjà, certains meuniers ont compris l’intérêt commercial d’une marque « baguette de Paris » et réfléchissent à la possibilité d’investir dans une vraie traçabilité des farines de qualité.

Cette politique de valorisation économique du produit permettrait aux agriculteurs de mieux rémunérer leur implication dans des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. La qualité de notre ressource en eau est en jeu, avec notamment une vraie menace sur les nappes phréatiques dont l’eau est encore classée comme impropre à la consommation pour les nourrissons et les femmes enceintes dans nombre de nos communes. Il nous faut donc renforcer encore notre accompagnement des agriculteurs vers la transition écologique et énergétique et vers l’éco-agriculture.

Nous pouvons travailler avec les Chambres d’agriculture pour donner un nouveau souffle au programme « Ecophyto » qui vise à réduire l’usage des produits chimiques, construire un programme de soutien à l’agriculture de protection (entretien des espaces publics, stockage du carbone, bandes enherbées le long des routes pour tenir les polluants, jachères captant les nitrates, espaces d’expansion des crues…).

Nous pouvons expérimenter l’agroforesterie dans les forêts régionales, aider à l’achat de matériel agro-environnemental (tracteurs légers, matériel pour désherber mécaniquement, logiciels ciblant le dosage de produits phytosanitaires…) et proposer un programme de maîtrise de l’énergie et de production d’énergies renouvelables dans les exploitations agricoles.

Et parce que les agriculteurs sont les premiers concernés, nous pouvons également proposer aux Chambres et à la Mutualité sociale agricole de signer un plan de santé au travail, afin de mieux les protéger contre l’exposition aux produits phytosanitaires et d’organiser la collecte de déchets, emballages et résidus.

Il s’agit enfin de renforcer notre ruralité francilienne, via des contrats de soutien rural et agricole avec les collectivités territoriales, pour protéger les sols, améliorer la coexistence entre agriculteurs et riverains, aider à l’emploi et à la transmission, préserver les services publics, créer des commerces, des équipements publics, culturels et sociaux.

L’agriculture est une réalité parfois éloignée pour les Franciliens de la zone dense, mais quotidienne pour ceux qui vivent dans les territoires ruraux. En tous les cas, c’est un enjeu qui nous concerne tous, agriculteurs ou consommateurs, métropolitains ou périurbains. Au final, notre ambition doit être de rapprocher agriculteurs et consommateurs, en permettant un rapport aussi direct que possible entre eux, en aidant à développer une offre face à une demande, en protégeant la qualité des terres agricoles pour le bien-être de tous. C’est à cette condition que notre agriculture restera l’une de nos plus grandes richesses.

Portrait – Marie-Pierre de la Gontrie : Sa voie francilienne

De son enfance en Savoie à son ascension politique francilienne, la-vice-présidente de la région raconte un parcours « sans calcul ».

D’une voix agréablement cassée par quelques tiges incandescentes, Marie-Pierre de la Gontrie s’excuse du léger retard… Une réunion qui s’est étirée dans le temps. « Un café ? » Les traits sont un peu tirés par un agenda que l’on devine bien rempli et auquel fait écho un pochoir – signé de l’artiste Miss.Tic – épinglé au mur du bureau : « Le temps est-il un crime parfait ? ». Sans la moindre hésitation, elle répond oui.

l est loin le temps où elle s’ennuyait ferme dans sa Savoie natale où elle était la fille de « l’avocat-maire-sénateur ». C’est ce qu’elle répondait, sans trop savoir dans quel ordre elle devait présenter les choses, quand on lui demandait ce que son papa – Pierre de la Gontrie – faisait dans la vie. Radical-socialiste, proche de Mitterrand, « un ami de la famille ». Elle baigne dans la politique et y viendra plus tard…

 

Lire l’intégralité du portrait sur le site du Journal du Grand Paris

Pas de frontières pour la pollution : relever le défi dans toute l’Île-de-France

La Ministre de l’écologie Ségolène Royal vient de présenter la feuille de route du gouvernement retraçant les engagements issus de la conférence environnementale de novembre 2014. Parmi les politiques qui seront mises en œuvre figurent des mesures ambitieuses pour lutter contre la pollution automobile et sortir du diesel.

Une feuille de route gouvernementale cohérente avec la présentation le 9 février par la Maire de Paris Anne Hidalgo en Conseil de Paris d’un projet de plan contre la pollution démontrant une nouvelle fois le volontarisme de Paris en la matière, qui a pu susciter des interrogations quant à un éventuel déséquilibre entre la capitale et l’ensemble de l’Île-de-France.

Un double constat s’impose à nous, deux réalités que nul ne peut ignorer.

Premier constat : la pollution due aux particules fines tue. Elle est la cause de maladies respiratoires et cardio-vasculaires, elle réduit de 6 à 9 mois notre espérance de vie, et cause chaque année le décès prématuré de 42.000 personnes en France. Et cette pollution est due en grande partie au trafic routier, au diesel en particulier ainsi qu’au freinage des véhicules .

Deuxième réalité : les Franciliens résidant en grande couronne, que ce soit par choix ou par nécessité en raison des prix trop élevés de l’immobilier en zone dense, ont besoin de leurs véhicules. Résidant loin de leur lieu de travail dans des territoires parfois éloignés de transports en commun, ils dépendent de leur voiture pour amener leurs enfants à l’école, faire leurs courses, accéder aux équipements sportifs et culturels, et bien évidemment travailler.

La confrontation de ces deux réalités est-elle inextricable ? S’y résigner serait abdiquer toute responsabilité politique, alors que l’Île-de-France accueillera à la fin de l’année la 21ème conférence sur le Climat, la fameuse COP 21. Le gouvernement a décidé de saisir ce sujet à bras le corps et d’y remédier ; nous, élus d’Île-de-France, devons appuyer et amplifier cette démarche. Car nous devons tout à la fois soutenir tous les Franciliens dans leurs difficultés quotidiennes, et lutter contre cette pollution qui ne s’arrête pas aux frontières de Paris ni même de la petite couronne, et qui menace la santé voire la vie de tous les Franciliens où qu’ils résident.

Le plan anti-pollution présenté ces jours derniers à Paris est cohérent, le cœur de l’agglomération concentrant le plus haut niveau de pollution atmosphérique. Il prendra sa pleine mesure demain avec la création de la métropole du Grand Paris, qui permettra sur cette question une meilleure cohésion et donc une plus grande efficacité des politiques publiques : c’est tout l’objet des concertations menées par Paris avec les collectivités de la petite couronne. Il doit cependant s’inscrire dans une politique à l’échelle de toute l’Île-de-France adaptée à la grande couronne, où les contraintes sont, on l’a dit, bien différentes. Sur cette problématique, comme sur toutes celles qui touchent aux inégalités de territoires et à la transition écologique et énergétique, la Région a un rôle majeur à jouer : ce sont deux des grands défis qu’elle aura à relever dans les années à venir. Comment lutter contre la pollution dans toute l’Île de-France sans en pénaliser les habitants ?

En proposant des alternatives crédibles à la voiture, tout d’abord : la Région œuvre déjà dans ce sens en investissant massivement dans le développement des transports en commun sur tout le territoire et dans l’amélioration du réseau existant, pour que demain chaque Francilien puisse avoir le choix d’utiliser les transports en commun. Le Passe Navigo à tarif unique qui entrera en vigueur à l’automne prochain sera également un puissant outil incitatif, puisqu’il permettra jusqu’à 516 euros d’économie aux abonnés des zones 1 à 5.

Il faudra bien sûr aller plus loin : tant qu’un Francilien passera plus d’une heure dans les bouchons plutôt que d’emprunter le Transilien ou le RER, nous ne réussirons pas à baisser significativement le trafic automobile. Là encore la Région a un rôle à jouer. En améliorant la propreté des infrastructures et du matériel roulant ainsi que l’accès aux gares, en déployant des parkings régionaux à tarifs bas autour des gares. En développant les services aux voyageurs, telles que les consignes pour vélos et poussettes ou pour des achats à distance, des commerces du quotidien, des prêts de livres ou de bandes dessinées … En rendant les lieux d’attente plus agréables, avec des braseros sur les quais en extérieurs ou encore des bornes de recharge pour téléphones portables..Une multitude d’initiatives peuvent rendre le temps d’attente et les trajets plus agréables pour tout un chacun.

Lutter contre la pollution, c’est aussi agir sur le parc de véhicules existant. Si le projet de loi de transition énergétique du gouvernement prévoit la création de zones de circulation restreinte et l’augmentation de la fiscalité du diesel, il propose également des mesures incitatives à destination des particuliers avec la création de bonus écologiques conséquents pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride en remplacement d’une voiture diesel, ou encore la priorité donnée aux véhicules propres dans les zones restreintes et en cas de circulation alternée.

En grande couronne, où la voiture est encore souvent indispensable, ce sont ces mesures incitatives que nous devons accompagner. Par la création d’une prime régionale qui compléterait ce bonus écologique, ou encore par la modulation de la taxe sur les cartes grises qui viendrait favoriser les acquéreurs de véhicules électriques ou hybrides. Encourager les déplacements pas ou peu polluants passera également par la création de voies réservées aux véhicules électriques et au co-voiturage sur les autoroutes, ainsi que par l’accélération du déploiement de bornes de recharge électrique sur tout le territoire et l’aide à l’installation de ces bornes chez les particuliers , ou encore par la création d’un tarif social pour Autolib.De son côté la RATP a annoncé à la demande des élus le bus propre en 2025, nous devons nous appuyer sur les aides du gouvernement pour aller plus vite et accompagner la transition énergétique du matériel roulant de la RATP et du réseau OPTILE.

Au-delà du remplacement du parc automobile, des mesures simples et peu coûteuses pour les particuliers sont possibles : une aide à l’entretien et au réglage des véhicules par le biais d’un chèque régional antipollution en partenariat avec les garagistes, ou encore la mise en place d’aides à la formations et aux stages d’éco-conduite permettant de réduire à la fois les consommations polluantes et les coûts comme les primes d’assurance. L’efficacité des filtres à particules mérite également d’être sérieusement étudiée, et si celle-ci est avérée leur pose pourrait faire l’objet d’une aide régionale. Nous pouvons également réfléchir à tous les déplacements contraints et comment les réduire : télétravail, modulation des horaires, création de bureaux en partage sont des pistes à explorer.

Enfin, si les particuliers sont les premiers touchés par la pollution, ils ne peuvent être les seuls à la combattre. L’incitation au remplacement des véhicules diesel doit s’adresser également aux professionnels et une réflexion doit être menée sur le transport de marchandises afin de limiter le trafic des poids lourds. La réalisation de points logistiques de dégroupement doit être accélérée, ainsi que l’investissement dans des flottes de plus petits gabarits électriques ou hybrides, voire de plateformes pour la livraison des derniers kilomètres, avec comme objectif de ne pas reporter le trafic routier sur les territoires périphériques de Paris.

Nous ne viendrons pas à bout de la pollution automobile du jour au lendemain, mais c’est un défi que nous pouvons relever, ensemble. La mise en œuvre à l’échelle régionale d’un plan anti-pollution automobile à la fois ambitieux et respectueux des besoins des Franciliens est possible. Elle passe à mon sens dans un premier temps par l’incitation et le volontariat puis par l’interdiction et la restriction, comme le propose les plans gouvernementaux et Parisien qui instaurent en premier temps des mesures d’aide tandis que les restrictions n’entreront en vigueur que progressivement. Elle nécessitera une véritable concertation à tous les niveaux. Avec toutes les collectivités franciliennes évidemment, comme le fait Paris avec celles du périmètre métropolitain car elles ont, par leur maîtrise de l’espace public, un rôle essentiel à jouer. Mais aussi et surtout avec les Franciliens, par une concertation publique numérique : les habitants, les usagers , les propriétaires de véhicules non propres et les professionnels ont des besoins à exprimer et des suggestions à faire. Ce n’est qu’avec le concours et l’adhésion de tous que nous viendrons ensemble à bout de ce fléau.

Après le Doubs, mettons-nous au travail !

Certes, pour la première fois depuis 2012 le Parti socialiste a remporté une législative partielle. Certes, les électeurs républicains, et notamment ceux de gauche, ont su se mobiliser entre les deux tours pour faire barrage au Front national.

 

Cependant cette victoire, qui d’ailleurs est loin d’être écrasante, ne doit pas occulter ce fait préoccupant : malgré le souffle républicain des marches du 11 janvier suite aux évènements dramatiques du début d’année, malgré l’élan espéré par certains à gauche avec la victoire de Syriza en Grèce, le Front national s’est installé durablement dans le paysage politique français.

 

Comment combattre l’abstentionnisme qui profite tant à l’extrême droite ? En nous rassemblant, bien sûr, c’est une condition essentielle que doit remplir la gauche, et elle doit nous guider dès aujourd’hui pour préparer les échéances électorales de demain.

 

Mais surtout en travaillant. En proposant aux Français autre chose que des querelles politiciennes. En présentant des solutions aux problèmes du quotidien. En offrant une ambition pour nos territoires. En associant pleinement les citoyens aux décisions de demain.

 

C’est dans cet esprit que j’ai voulu réfléchir à un aspect très concret de notre vie en Île-de-France, qui nous touche toutes et tous, quels que soient notre lieu de résidence, notre activité, notre vie personnelle : la pollution automobile et ses méfaits sur notre santé. Comment la combattre sans pour autant pénaliser les Franciliens ? Retrouvez mes propositions sur ce blog et débattons-en !