Bien manger en Île-de-France: producteurs et consommateurs, même combat

Tribune parue sur le site du Huffington Post le 27 février 2015

Comme chaque année, les Franciliennes et les Franciliens se pressent au Salon de l’agriculture pour découvrir vaches, veaux et cochons, et acheter des produits du terroir. Une occasion de redécouvrir que leur terroir existe aussi! C’est celui de l’Île-de-France, terre à blé, à cidre, à brie, à légumes, à champignons pas seulement de Paris…

En Île-de-France, peut-être plus qu’ailleurs, l’agriculture est une richesse pour tous mais aussi un combat pour les 5 000 exploitants franciliens. Depuis 1998, la région a fait de l’agriculture un enjeu essentiel de ses politiques: pour préserver les terres de l’urbanisation grâce au Schéma directeur de la région (le SDRIF, qui a permis de conserver des terres agricoles sur la moitié du territoire régional), résister à la course au gigantisme pour garder des exploitations à taille humaine, aider les jeunes à s’installer et à investir malgré la spéculation immobilière, coexister avec les nouveaux habitants pour partager clôtures et chemins… Et aussi faire évoluer les pratiques pour préserver l’eau et les sols, notre bien commun. En 2014, la région a encore intensifié son action pour une agriculture de proximité, en faveur de la souveraineté alimentaire des Franciliens, de l’emploi agricole, du développement économique et de la transition écologique de la filière, et a fait un pas supplémentaire en assumant la gestion du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader).

L’agriculture francilienne a une chance unique: sa proximité immédiate avec 12 millions de consommateurs, qui recherchent de plus en plus des produits frais, de qualité, diversifiés, livrés près de chez eux. C’est le pari du local, celui du Conseil régional et du Cervia (Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire), avec sa démarche « Mangeons local en Île-de-France » et la création du label « Saveurs d’Île-de-France ».

C’est ainsi que de plus en plus de céréaliculteurs ont été aidés par la région dans leur démarche de diversification: à côté du blé et du maïs, ils produisent aussi des fruits, du cidre, des biscuits au miel et des volailles, brassent et vendent de la bière (celle du Vexin a obtenu le premier prix dans sa catégorie). A l’image de la ferme de Viltain, ils fabriquent et vendent des yaourts, livrent des paniers garnis de légumes, fruits et conserves en circuit court dans les gares SNCF, où les Franciliens peuvent récupérer le soir leurs commandes.

Il est temps à présent d’amplifier ces politiques, de relayer ces projets en les accompagnant par une vraie structure régionale de vente, de promotion, de transport, qui prolonge les efforts du Cervia et amène les produits régionaux jusqu’à l’assiette des Franciliens. En mutualisant les moyens, en aidant à la création d’entreprises de transformation en Île-de-France, on peut réduire les frais et faciliter l’accès de tout à tous. L’objectif est de permettre à tous les Franciliens de disposer de bons produits accessibles partout, et à des prix adaptés à nos porte-monnaies. Il faut démocratiser la qualité alimentaire!

Il faut aussi impliquer les pouvoirs publics locaux: pour nos cantines, plutôt que des produits bio mais transportés à travers l’Europe, acheter des produits frais locaux, en utilisant la « clause CO2 » dans les marchés publics, pour choisir entre deux produits de même qualité, ceux qui ont demandé le moins d’émissions de gaz pour les transporter.

L’agriculture francilienne a de sérieux atouts, nous devons nous appuyer sur ses points forts: nous avons la plus importante production de blé tendre de France, pourquoi ne pas développer une vraie filière francilienne du pain, entre exploitations, meuniers et boulangeries? Le réseau de boulangeries franciliennes est unique. Déjà, certains meuniers ont compris l’intérêt commercial d’une marque « baguette de Paris » et réfléchissent à la possibilité d’investir dans une vraie traçabilité des farines de qualité.

Cette politique de valorisation économique du produit permettrait aux agriculteurs de mieux rémunérer leur implication dans des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. La qualité de notre ressource en eau est en jeu, avec notamment une vraie menace sur les nappes phréatiques dont l’eau est encore classée comme impropre à la consommation pour les nourrissons et les femmes enceintes dans nombre de nos communes. Il nous faut donc renforcer encore notre accompagnement des agriculteurs vers la transition écologique et énergétique et vers l’éco-agriculture.

Nous pouvons travailler avec les Chambres d’agriculture pour donner un nouveau souffle au programme « Ecophyto » qui vise à réduire l’usage des produits chimiques, construire un programme de soutien à l’agriculture de protection (entretien des espaces publics, stockage du carbone, bandes enherbées le long des routes pour tenir les polluants, jachères captant les nitrates, espaces d’expansion des crues…).

Nous pouvons expérimenter l’agroforesterie dans les forêts régionales, aider à l’achat de matériel agro-environnemental (tracteurs légers, matériel pour désherber mécaniquement, logiciels ciblant le dosage de produits phytosanitaires…) et proposer un programme de maîtrise de l’énergie et de production d’énergies renouvelables dans les exploitations agricoles.

Et parce que les agriculteurs sont les premiers concernés, nous pouvons également proposer aux Chambres et à la Mutualité sociale agricole de signer un plan de santé au travail, afin de mieux les protéger contre l’exposition aux produits phytosanitaires et d’organiser la collecte de déchets, emballages et résidus.

Il s’agit enfin de renforcer notre ruralité francilienne, via des contrats de soutien rural et agricole avec les collectivités territoriales, pour protéger les sols, améliorer la coexistence entre agriculteurs et riverains, aider à l’emploi et à la transmission, préserver les services publics, créer des commerces, des équipements publics, culturels et sociaux.

L’agriculture est une réalité parfois éloignée pour les Franciliens de la zone dense, mais quotidienne pour ceux qui vivent dans les territoires ruraux. En tous les cas, c’est un enjeu qui nous concerne tous, agriculteurs ou consommateurs, métropolitains ou périurbains. Au final, notre ambition doit être de rapprocher agriculteurs et consommateurs, en permettant un rapport aussi direct que possible entre eux, en aidant à développer une offre face à une demande, en protégeant la qualité des terres agricoles pour le bien-être de tous. C’est à cette condition que notre agriculture restera l’une de nos plus grandes richesses.

Les Régions au CA de la Banque Publique d’Investissement

Jean-Paul Huchon et Ségolène Royal ont été nommés en tant qu’administrateurs représentant les Régions au sein du conseil d’administration de la Banque Publique d’Investissement.

Le premier conseil d’administration qui s’est tenu le 21 février a marqué  une étape importante dans la mise en place de la BPI. La création de cette banque publique, premier engagement de François Hollande pendant la campagne présidentielle, est un acte politique fort en direction des entrepreneurs. Il s’agit d’un véritable outil de politique économique et industrielle, au service de l’esprit d’entreprise et déployé sur le terrain.

La BPI devra être beaucoup plus qu’un établissement bancaire. Elle doit devenir, dans chaque Région, un des piliers d’une plate-forme de financement des PME et entrerpises de taille intermédiaire (ETI) unifiée, intervenant en synergie avec l’ensemble des dispositifs et financeurs locaux, publics comme privés.

BPI et décentralisation vont de pair et sont des marqueurs de la politique de François Hollande. Le redressement économique passe par la croissance des PME et des ETI et les politiques associées doivent être conduites dans les territoires. La Région Île-de-France, qui verra son rôle de chef de file du développement économique se renforcer dans le nouvel acte de décentralisation, se réjouit de la mise en place effective de la BPI, car elle constitue un nouveau levier pour accroître encore son engagement pour la croissance et pour l’emploi.

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La Région Île-de-France s’engage pour les Emplois d’Avenir

Le Conseil régional d’Île-de-France a voté le 14 février dernier en faveur du plus important dispositif de soutien aux Emplois d’Avenir mis en place par une collectivité.

Seul le groupe UMP s’est exprimé contre cette mesure visant à soutenir le gouvernement dans sa politique en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes pas ou peu qualifiés.

Le soutien régional au Emplois d’Avenir doté de 10M€ instaure un complément de rémunération de 20% venant s’additionner au 75% déjà pris en charge par l’Etat. Les associations – auxquelles cette mesure est réservée – qui embaucheront un Francilien de moins de 26 ans pas ou peu qualifié ou issu d’une Zone Urbaine Sensible (ZUS) n’auront donc que 5% du salaire à verser. Par ailleurs, le texte affecte 1,5M€ à la formation de ces jeunes afin de favoriser leur insertion durable dans l’emploi.

Ce rapport a fait l’objet d’un important travail de concertation pour que chaque partie bénéficie de retombées vertueuses : les jeunes, les associations qui vont les embaucher, mais aussi la Région et l’Etat. L’objectif est de favoriser l’insertion professionnelle durable de 14.000 jeunes Franciliens et de soutenir les associations qui agissent au quotidien pour le développement des territoires franciliens et la solidarité entre leurs habitants.

La réussite des emplois d’avenir dépend en grande partie de leur notoriété. Le rôle des Conseillers régionaux, qui connaissent très bien leurs territoires et font le lien entre les associations locales et l’institution régionale, sera déterminant. Les Conseillers régionaux socialistes ont donc décidé, armés d’un « kit pratique » expliquant la marche à suivre, de servir d’ambassadeur local pour les emplois d’avenir.

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